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Communication: utilitariste ou utile?

Qu’est-ce qui, de la publication d’articles PERTINENTS et INTELLIGENTS ou du SOUHAIT des anniversaires, est le plus EFFICACE pour "notre" RÉSEAUTAGE ? Telle était la question d’un article publié sur LinkedIn cet été.

Saperlipopette! Cette question en amenait une autre: ma seule perception et mon usage ordinaire de la chose étaient-ils corrects et conformes aux us et coutumes, post modernes?

Je postule, anachronique, inculte en ces matières et opiniâtre, qu’il est question de rapports sociaux et de vie « sociale », dans ce contexte professionnel. Max Weber, pareillement tenace, susurre à mon oreille que "l’économie moderne" a généré une rationalisation et une dépersonnalisation des rapports sociaux. Aristote tente de s'immiscer. Je résiste. Kant, me rappelle dans un murmure "l'insociable sociabilité" des hommes.

Qu’il est difficile de les faire taire...et souvent de les faire parler.

Revenons à nos moutons. Le réseautage serait donc l’action de "réseauter" du latin «retiolus» petit filet ; réseauter consistant à se constituer un réseau de connaissances et à l’entretenir. Un art de la pêche?

De l'action

Tout"pêcheur" avisé disposerait, selon quelque expert, d'une alternative. Une option s'attacherait à construire des relations amicales voire à constituer un groupe d’amis. Une autre consisterait à créer, à élargir et à entretenir un réseau de "contacts" pour atteindre ses objectifs voire pour en dégager quelque profit. C’est binaire et c'est dit. Je crois avoir (ap)pris une leçon. Je me sens pourtant aussi perplexe qu’à l’issue de ma confrontation à la géométrie non euclidienne, dont je ne suis pas sortie vainqueur.

Que l'on m'éclaire. S’agissant du "réseau de contacts" à visée "professionnelle", le principe de l’accumulation et le volume sont-ils seuls de rigueur ? Le système autant que ses valeurs intrinsèques relèvent-ils de critères purement quantitatifs? Dans ces hypothèses, la "rationalité" escomptée exonère-t-elle nécessairement des règles de la communication, de celles du langage et de la courtoisie?

De l’efficacité

Celle-ci s'impose dans les propos, les astuces et autres recommandations de bonne conduite. J'avoue ne pas savoir l’évaluer, ici, et pas davantage la définir. Le propos de l’un de mes professeurs me revient :

nous devenons utiles quand nous renonçons à être efficaces.

Alors, archaïque, je fais comme bon me semble, comme bon m’inspire. Et "péchant", je transgresse, persistant à cultiver des relations "incarnées". J’y associe un nom, des mots, un visage. Et derrière une "foule", je devine les personnes. L’ordinaire.

Je souhaite, félicite, accueille, remercie voire suggère et propose  autant que cela m’est possible, par des propos personnalisés.

De l'intention

Mon intention - spontanée, gratuite, sincère - de sociabilité et de partage d'une réflexion prévaut d’abord et naturellement. Il m’en coûterait de faire autrement, je n'ai donc aucun mérite.

Souvent une réponse également personnalisée me parvient, empreinte d'étonnement, de curiosité. Quelque remerciement. Le ton est donné. Une communication authentique est amorcée. L’appréciation réciproque voire la connivence se polissent. Développement(s) durable(s).

Parfois un "ok" souffreteux, un pouce levé, chétif, voire un index et un pouce unis en un cercle poussif, dégringolent dans ma messagerie. Souvent, un silence assourdissant résonne, même après un conseil sollicité puis délivré. Le ton, atone, rustre ou altier, est pareillement donné, prélude à une possible (s)élection.

Toute pêche n'est pas miraculeuse mais veillons à la garder...

De l'inspiration

L’opportunité est trop belle - vous me l’accorderez, ici,

d’inviter à conjurer cet étiolement de l'intention et de la posture, cette aridité des messages, ce prosaïsme du langage;
de promouvoir une expression généreuse mais rigoureuse qui a et donne du sens, mobilise les sens, suscite le respect, l’intérêt voire l’envie, au prix de quelque effort, au bénéfice de quelque joie;
d'éradiquer tout penchant au globish...
J'y vois de l'élégance donc de la gentillesse*; de la simplicité aussi. De celles qui laissent trace, indélébile. De celles qui font une différence. La différence. Un libre échange, vrai.

Et dire que jusqu'au XVIIIe siècle, le mot « commerce » désignait toutes les formes d’échange, d’ordre intellectuel, affectif autant que marchand.

Sur le fond, s'agissant d'exprimer ou de traduire finement nos pensées, nos intentions ou nos objectifs - de quelque nature qu'ils soient - j'aimerais rendre hommage à Clément Rosset disparu cette année (Le choix des mots; 1995) :

Sans le mot qui seul compte dans l'expression d'une pensée, la pensée en question n'est qu'un pur fantôme en attente de corps. Là où les mots manquent pour le dire, manque aussi la pensée.

Qu'en pensez-vous? Dites-moi.

*Petit éloge de la gentillesse, Emmanuel Jaffelin, Bourin Editeur 2011

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