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Communication ... Vraiment?

Et si nous mettions, ensemble, un terme à l’opposition factice entre langage(s) "business", marketing et technique et langage naturel…

En réponse à une sollicitation inopinée, je suggérai récemment quelques corrections orthographiques et syntaxiques de quelque publication professionnelle et autre page de sites. Je préconisai d’en affirmer le style, de ciseler les formulations afin d'en renforcer l’impact. On me répondit, gentiment, qu’au regard de "considérations marketing et de référencement" - dont les arcanes échappaient forcément à mon entendement - "ce n’était pas aussi simple…"

Le sourire entendu de mes interlocuteurs scellait leur confraternité, m'en excluant. Flûte! J’échappai de peu à la tape sur l’épaule accompagnée d'un hochement de tête désapprobateur et du lourd abaissement de paupières.

Aussi simple...que quoi ?

À l’ère des révolutions technologiques, numériques et futuristes, une rumeur sévit, encore tapageuse: peu en importerait la forme et le style, le fond d’un propos technologique et/ou professionnel se suffirait à lui-même porté par sa substantifique moelle, sa transcendantale évidence voire le génie de ses concepteurs.

En vertu de quoi les orientations techniques ou professionnelles d’un propos, les soucis de référencement et autres préoccupations de marketing s'exonéraient-ils des exigences du "langage" qu’ils continuent pourtant d’emprunter, à savoir le langage naturel ?

 

« Dominer le langage, c’est apprendre à penser, et de surcroît, c’est une manière de développer la sensibilité, l’imagination, l’esprit critique. »

Mario Vargas Llosa

Tolérerait-on un usage inapproprié des langages informatiques de énième génération, des procédures de calcul ou des algorithmes approximatifs, des énonciations ou protocoles ambigus ou imprécis ?

Sauf à adopter le morse, quelque sémaphore ou autres signaux de fumée comme moyens de communication – certes synthétiques mais très délicats à l’usage – le recours à notre langue a les contraintes de ses richesses et vertus.

Soyons prosaïques et pragmatiques. Nombreux sont les décisionnaires attentifs à un usage correct de la langue, simple indice et gage de respect, de sérieux et de fiabilité. La fréquence de lectures croisées et multiples d'un propos en vue de décisions collégiales ou pluridisciplinaires est pareillement croissante. S'exposer à une critique ou à la moindre raillerie interpellant la qualité et la fiabilité du raisonnement, du langage ou des modalités d’expression, offre simplement un avantage décisif à ceux des homologues ou concurrents qui s’en soucient. Leur respect de la langue et des usages, le soin apporté à leur communication permet simplement de présumer quelques qualités utiles au bon déroulement des affaires.

D'aucuns affirment que la capacité à instaurer une réelle proximité et une intimité avec un interlocuteur, personne ou organisation, est un multiplicateur de valeur économique, car elle permet d’améliorer la fidélité et de générer des interactions plus efficaces.

À compétence, qualification, expérience, condition, prestation voire tarif similaires, n'est-il pas humain, spontané et finalement rationnel d'éliminer de l'équation ou des choix celles et ceux qui expriment, minimisent ou ignorent leurs lacunes et leur négligence ?

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