Tenant de l’inspiration poétique, de l’exhortation sociopolitique et/ou du truisme, une formule le clame : « il y aura un avant et un après la crise du covid 19 ». Notre grammaire se prête à toutes les fantaisies. Et le présent, se fait interlude. D’aucuns énoncent par le menu les urgences auxquelles, de toutes parts, il faudra nous attacher dès le surgissement de cet « après ». De nouvelles urgences, donc prévisibles et prévues, devraient déjà mobiliser notre attention. Soit.

Notre civilisation de l’immédiateté, du « en temps réel », son fantasme de l’abolition des durées et des délais, nous privent de la patience, ô combien souveraine, et de ses vertus. Et cela ne date pas d’hier ...
Naturellement, je m’interroge : s’il y a urgence, n’est-elle pas de ne plus agir ou d’être agi sous sa contrainte, a fortiori, à l’issue d’une crise qui nous en aura abreuvés ? Ne devrions-nous pas rompre, enfin, avec cette « civilisation-panique » comme la nommait P. Sloterdijk, dès 2000 ?

Et là, je « prends le temps » de sauter du coq à l’âne, songeant aux propos d’Emmanuel Levinas:
«L’état de guerre» suspend la morale; il dépouille les institutions et les obligations éternelles de leur éternité et, dès lors, annule, dans le provisoire, les inconditionnels impératifs. Il projette d’avance son ombre sur les actes des hommes. *

Quel rapport ? s’impatienteront certains. Aucun, peut-être....

Notre « présent » n’est-il qu’interlude ?

*LEVINAS Emmanuel. Totalité et infini : essai sur l’extériorité. Livre de poche.1990

©Sermo Mentis

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