Return to site

Où sont les femmes?

J'ai fait un rêve...

Ce 14 mars 2019 alors que la Journée internationale des droits des femmes est déjà un souvenir, de grandes organisations et de grandes entreprises, enthousiastes autant que lucides décident de s’inspirer des pratiques du président de la République.

Agir pour l’égalité entre les femmes et les hommes est, en effet, Grande cause du quinquennat depuis 2017 ! L’exemplarité en matière de parité et d’égalité, déclamées, prescrites et enjointes, prime nécessairement, au sein de son équipe élyséenne. Il en va comme pour la francophonie, la démonstration doit d'abord être intérieure, hexagonale. La cohérence et la crédibilité sont à ce juste prix, sus aux sauts de cabri! Nous savons le président prompt à fustiger carabistouilles et autres galimatias!Pour autant,

Tous les discours n'avancent point les choses : Il faut faire et non pas dire.

Molière ; Dom Juan ou le Festin de pierre, II, 4

Le Cabinet se compose, sauf erreur, de 14 membres: 13 hommes certes mais 1 femme, Secrétaire générale... Adjointe.

Cessons de chicaner et considérons l'ensemble. L’équipe élyséenne du président compterait tout de même 66 Conseiller(e)s!

À quels sujets et dans quelles proportions les femmes conseillent-elles le Président ?
 

Attachons-nous à l'un ou l'autre secteur; rien qui ne prétende toutefois à l'exhaustivité et pas davantage à un inventaire à la Prévert...

Pôle social et santé : 4 femmes sur 5 membres - parmi lesquelles la « Conseillère technique inclusion, égalité femmes hommes et citoyenneté. » Mutualiser les préoccupations, les analyses et les talents, est un art difficile. Pôle communication : 2/2

La tradition, diront certain(e)s.

Pôle économie : 0/6 État-major particulier du Président de la République : 0/9 Coordination nationale du renseignement et de la lutte contre le terrorisme : 0/2.

La tradition, encore, telle une antienne.

Personne ne contestera que des femmes disposent d’expérience, de compétence et de qualifications en ces matières; sans doute les estimera-t-on insuffisantes pour éclairer voire conseiller un chef d'État. Une simple question de degré, finalement. N'est-ce pas le prétexte - sinon l 'argument- souvent opposé à la promotion des femmes? Elles "ont" ou elles "sont" ce qui est attendu, mais "pas assez". Comparativement" à quoi ou à qui?

Aurions-nous quelque opportunité de nous réjouir des responsabilités confiées aux femmes au sein des Services administratifs de la Présidence de la République ? Un affreux poncif, je l'admets. Je me garderai d'aborder les cuisines.

14 membres s'y affairent: 8 hommes affectés à l’Administration et Conservation des Résidences Présidentielles, Communication numérique, comptabilité, Correspondance Présidentielle, Groupe de Sécurité du Président de la République, Image et événements, Intendance, Télécommunications et Informatique. Mais... 6 femmes en charge des affaires sociales, décorations, photos, presse, protocole, archives et informations documentaires…

Je souris, honteuse d'établir un parallèle, complètement farfelu, avec la répartition désormais obsolète dit-on, des tâches familiales et domestiques. Je crains de faire ici mauvais genre!

Je le disais donc, 66 conseillers, parmi lesquels, et sauf erreur, 21 femmes. Je ne conclus évidemment rien de ce constat, très lointain. Je m'interroge: où ne sont pas les femmes, et pourquoi?

Puis-je m'insurger? Ce n’est pas tant la sous-représentation des femmes qui m’horripile et m'inquiète que la sous-représentation probable de leurs perceptions et de leurs analyses devant "également" et "légitimement" alimenter les conseils à un chef d'État.

Quant à celles et ceux, déjà satisfaits voire reconnaissants de ces pratiques ou de leur sort, sans doute convaincus de leur "hypermodernité", je les invite à s'imprégner de ceci:

Je ne soutiens pas qu’elles [les femmes] soient toutes capables des sciences et des emplois, ni que chacune le soit de tous : personne ne le prétend non plus des hommes; mais je demande seulement qu’à prendre les deux Sexes en général, on reconnaisse dans l’un autant de disposition que dans l’autre.

 

Voilà ce que pensait et écrivait en 1673 François Poullain de la Barre dans son ouvrage De l'égalité des deux sexes. Discours physique et moral, où l'on voit l'importance de se défaire des Préjugez*.

All Posts
×

Almost done…

We just sent you an email. Please click the link in the email to confirm your subscription!

OK